
Photo prise d'avion en survolant la côte mexicaine au dessus de la riviera maya, septembre 2007.
Les taches noires sont des petits nuages.



"Que les fins de journées d'automne sont pénétrantes! Ah! pénétrantes jusqu'à la douleur! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini.
Grand délice que celui de noyer son regard dans l'immensité du ciel et de la mer! Solitude, silence, incomparable chasteté de l'azur! une petite voile frissonnante à l'horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite!); elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.
Toutefois, ces pensées, qu'elles sortent de moi ou s'élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L'énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.
Et maintenant la profondeur du ciel me consterne; sa limpidité m'exaspère. L'insensibilité de la mer, l'immuabilité du spectacle, me révoltent... Ah! faut-il
éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil! L'étude du beau est un
duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. "


"Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !"
(derniers vers du Lac de Lamartine)
Lac de Bairon, Champagne-Ardennes, le 23 août 2008.



En chemin de fer au pays de Charleroi, le 8 août 2008.
"le
terril
est-il une
friche stérile
schiste et schlamm
c'terril stérile a une
âme sous le schlamm et les
schistes ça sort du puits puis
ça monte au terril ce n'est pas du
tourisme on prend des risques c'est du
dur c'est dur ça durcit ça endurcit on est
mat usé on paie le prix on fait le tri bon gré
mal gré crasse terrible terre stérile schlamm noir
schiste rouge ça cuit la peau ça use l'âme ça te finit
on ferme pas de trace le terril se tasse le péril s'efface"
Poème de Lucien SUEL, Terril de la Tiremande vu d’Estrée-Blanche.