« A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le cœur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'œil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux. »
« Chanson des escargots qui vont à l’enterrement », de Jacques PREVERT, 1945. Interprétée pour la première fois par Yves MONTAND en 1946 sur une musique de Joseph KOSMA.
NB : les champignons qui poussent sur les troncs de bouleaux sont, paraît-il, d’excellents alicaments pris en tisane.
"Pour tous ceux, pour toutes celles que tente le dehors, pour la tribu des voyageurs-voyants, pour le grand fleuve et la côte fracturée, pour le monde multiple retrouvé."
Kenneth WHITE, exergue à La Route bleue, éd. Grasset et Fasquelle, 1983.
‘’J'ai embrassé l'aube d'été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.’’
Arthur RIMBAUD, Aube, Illuminations.
(photo prise au bord de l’Ourthe, mars 2011)
Peintre, poète, photographe, Edmond DAUCHOT a vécu de 1930 à 1978 à Ollomont (Nadrin), petite localité surmontant le cours de l’Ourthe supérieure dans les Ardennes belges.
Au cours de ses ballades, déambulations, errances, il a recueilli plus de 10.000 clichés (qu’il développait lui-même dans l’évier de sa cuisine) qui sont autant de témoignages poétiques sur la vie quotidienne d’autrefois dans cette rude – mais combien belle – région, sa nature, ses petits métiers.
Plusieurs livres ont été publiés sur son œuvre :
- Ardenne, recueil de 35 photographies accompagnées de textes d’Octave Servais, 1958
- Ardenne bien aimée, éd. Duculot, 1976
- Ardenne buissonnière, éd. Duculot, 1984
- Edmond Dauchot, Le photographe de l’Ardenne d’autrefois, textes de Georges Vercheval, René Hénoumont, André Dhôtel, éd. La Renaissance du Livre, 2000
La photo est prise au bord de l’Ourthe, à Ollomont (Nadrin), mars 2011.
« Le pouvoir des fleurs »
Chanson de Laurent Voulzy/Alain Souchon, 1993.
Un clic sur le lien pour voir et écouter :
http://video.mytaratata.com/video/iLyROoafYY3x.html
En hommage au peuple japonais, victime propitiatoire de l’industrie nucléaire.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Prunus_serrulatae
« Je
cherchais quelques rimes quand elle m'est apparue
Cette beauté qui signe, princesse de la rue
Elégante exotique sortie des fleurs du mal
Des fumées baudelairiennes un amour marginal
Juste derrière l'épaule un tatouage dit
" malheur à qui me frôle je suis comme je suis"
Je suis comme je suis plaisir à qui me prend
et dans ce jeu de rôles je te veux maintenant (…) »
Extrait des paroles de la chanson L'été de Bernard LAVILLIERS.
Photo : champignon poussant sur le bois, jadis utilisé pour fabriquer l'amadou (touchwood, tinder), combustible naturel, sans nucléaire ajouté ...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou
Ouverture de la pêche à la truite sur l'Ourthe supérieure, Nadrin, Wallonie, 20 mars 2011.
… mais celui de Petitlouis.
« Vertumnis, quotquot sunt, natus iniquis »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Neveu_de_Rameau
La photo est prise lors d’une partie de pêche à la truite sur l’Ourthe supérieure, près du barrage de Nisramont (Belgique, Wallonie) le 20 mars 2011.
Il faisait un froid caillant ce matin-là, et – comme c’était dimanche – les truites faisaient la grasse matinée …
Je mange de l'herbe
Tu manges ma chair
Humain, trop humain !