Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 02:47

D'abord il l'épie à travers les branches.
De loin il la humine, en saligoron, en nalais.
Elle : une blonde rêveuse un peu vatte.

Ca le soursouille, ça le salave,
Ca le prend partout, en bas, en haut, en han, en hahan.
Il pâtemine. Il n'en peut plus.

Donc, il s'approche en subcul,
l'arrape et, par violence et par terreur la renverse
sur les feuilles sales et froides de la fôret silencieuse.

Il la déjupe ; puis à l'aise il la troulache,
la ziliche, la bourbouse et l'arronversse,
(lui gridote sa trilite, la dilèche).
Ivre d'immonde, fou de son corps doux,
il s'y envanule et majalecte.
Ahanant éperdu à gouille et à gnouille
- gonilles et vogonilles -
il la ranoule et l'embonchonne,
l'assalive, la bouzète, l'embrumanne et la goliphatte.
Enfin ! triomphant, il l'engangre !
Immense cuve d'un instant !
Forêt, femme, terre, ciel animal des grands fonds !
Il bourbiote béatement.

Elle se redresse hagarde. Sale rêve et pis qu'un rêve !
"Mais plus de peur, voyons, il est parti maintenant le vagabond ...
et léger comme une plume, Madame."

(Henri MICHAUX, Textes épars, Rencontre dans la forêt, éd. Gallimard, 1998)

Par Petit Louis - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recommander ce blog

Catégories

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés