et on a vu Vouziers.
La serveuse était rousse
Le col de mon bock un instant s'est haussé
Puis j'ai pleuré dans sa mousse
(Réminisciences de variétés)
A la brasserie xxx, Vouziers, le 23 août 2008.
« L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t'endormais-tu, le coude sur la table ?
Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.
Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C'est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.
Midi sonne. J'ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L'espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre ! »
Paul VERLAINE, extrait de Sagesse, III, I
Photo prise au premier étage du Musée Verlaine (anciennement Auberge du Lion d'Or), à Juniville, le 24 août 2008.
Quand, vers Pasques ou Noël, l'église, aux nuits tombantes,
S'emplit de pas confus et de cires flambantes
VICTOR HUGO, Les Chants du Crépuscule.
Dixit Dominus Domino meo : sede a dextris meis.
Office des Vespres.
Trente moines, épluchant feuillet par feuillet des psautiers aussi crasseux que leurs barbes, louaient Dieu, et chantaient pouilles au diable.
*
- «Madame, vos épaules sont une touffe de lys et de roses.» - Et comme le cavalier se penchait, il éborgna son valet du bout de son épée.
- «Moqueur! minauda-t-elle, vous jouez-vous à me distraire?» - «Est-ce l'imitation de Jésus que vous lisez, madame?» - «Non, c'est le Brelan d'Amour et de Galanterie.»
Mais l'office était psalmodié. Elle ferma son livre, et se leva de sa chaise : - « Allons-nous-en, dit-elle, assez prié pour aujourd'hui ! »
*
Et moi, pèlerin agenouillé à l'écart sous les orgues, il me semblait ouir les anges descendre du ciel mélodieusement.
Je recueillais de loin quelques parfums de l'encensoir, et Dieu permettait que je glanasse l'épi du pauvre derrière sa riche moisson.
Aloysius Bertrand (1808-1855), Gaspard de la nuit, livre II, VI.
(Photo de l'orgue de la collégiale Saint-Pierre-ès-Liens, Braux, Ardennes françaises, le 31 août 2008.)
"Qu'on me loue enfin ce tombeau, blanchi
à la chaux avec les lignes du ciment en relief
- très loin sous terre.
Je m'accoude à la table, la lampe éclaire
très vivement ces journaux que je suis idiot de
relire, ces livres sans intérêt.
A une distance énorme au-dessus de
mon salon souterrain, les maisons s'implantent,
les brumes s'assemblent. La boue est rouge ou
noire. Ville monstrueuse, nuit sans fin !
Moins haut, sont des égouts. Aux côtés,
rien que l'épaisseur du globe. Peut-être les
gouffres d'azur, des puits de feu. C'est peut-être
sur ces plans que se rencontrent lunes et
comètes, mers et fables.
Aux heures d'amertume je m'imagine des
boules de saphir, de métal. Je suis maître
du silence. Pourquoi une apparence de
soupirail blêmirait-elle au coin de la
voûte ? "
Arthur Rimbaud, Enfance V, Illuminations.
Filles, c'est le titre de ce poème de Paul VERLAINE illustré d'époque par Frédills.
Ce titre fait partie du recueil Femmes.
Pour en lire le texte : http://fr.wikisource.org/wiki/Filles
Photo prise au Musée Paul VERLAINE de Juniville, le 23 août 2008.