Mercredi 29 octobre 2008
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"Messieurs, ne vous inquiétez pas, l'actionnariat du prolétariat n'a rien à voir avec la paupérisation du patronat."
Jacques Prévert, Tranquilisants, Choses et autres, éd. Gallimard, 1972.
Pour saluer (?) le nouveau capitalisme libéral, qui éponge les pertes des actionnaires sur le dos des contribuables, ces éternels moutons de Panurge ...
Par Petit Louis
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Mardi 28 octobre 2008
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(Interdiction de toucher la marchandise)
Ah non, pas question
Acheter sans palper, puis ...
Un chat dans un sac !
Alicante, Mercado central, le 25 octobre 2008.
Par Petit Louis
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Lundi 27 octobre 2008
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Prière rogue
Gardez-nous la révolte, l'éclair, l'accord illusoire, un rire pour le trophée glissé des mains, même l'entier et long fardeau qui succède, dont la difficulté nous
mène à une révolte nouvelle. Gardez-nous la primevère et le destin.
(René CHAR, Prière rogue, 1948)
Tronc de palmier, Alicante, 24 octobre 2008.
Par Petit Louis
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Jeudi 23 octobre 2008
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17:54
"Elle n'aura qu'un temps
Notre séparation d'aujourd'hui,
Me dis-je, et pourtant
Qui sait si ce n'est pas l'heure
Du véritable voyage."
Poésie du moine Shun-e, Shin kok. 88 I, extrait de l'Anthologie de la poésie japonaise classique, éd. Poésie/Gallimard.
Bon Week-End !
Par Petit Louis
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Mercredi 22 octobre 2008
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17:30
"Les Chinois voient l'heure dans l'oeil des chats.
Un jour un missionnaire, se promenant dans la banlieue de Nankin, s'aperçut qu'il avait oublié sa montre, et demanda à un petit garçon quelle heure il était.
Le gamin du céleste Empire hésita d'abord; puis, se ravisant, il répondit: "Je vais vous le dire." Peu d'instants après, il reparut, tenant dans ses bras un fort gros chat, et
le regardant, comme on dit, dans le blanc des yeux, il affirma sans hésiter: "Il n'est pas encore tout à fait midi." Ce qui était vrai.
Pour moi, si je me penche vers la belle Féline, la si bien nommée, qui est à la fois l'honneur de son sexe, l'orgueil de mon coeur et le parfum de mon esprit, que ce soit la
nuit, que ce soit le jour, dans la pleine lumière ou dans l'ombre opaque, au fond de ses yeux adorables je vois toujours l'heure distinctement, toujours la même, une heure vaste, solennelle,
grande comme l'espace, sans divisions de minutes ni de secondes, - une heure immobile qui n'est pas marquée sur les horloges, et cependant légère comme un soupir, rapide comme un coup d'oeil.
Et si quelque importun venait me déranger pendant que mon regard repose sur ce délicieux cadran, si quelque Génie malhonnête et intolérant, quelque Démon du contretemps venait
me dire: "Que regardes-tu là avec tant de soin? Que cherches-tu dans les yeux de cet être? Y vois-tu l'heure, mortel prodigue et fainéant?" je répondrais sans hésiter: "Oui, je vois l'heure; il
est l'Eternité!"
N'est-ce pas, madame, que voici un madrigal vraiment méritoire, et aussi emphatique que vous-même? En vérité, j'ai eu tant de plaisir à broder cette prétentieuse galanterie, que
je ne vous demanderai rien en échange."
L'Horloge, de Charles BAUDELAIRE, in Le Spleen de Paris.
Par Petit Louis
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Mardi 21 octobre 2008
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16:38
"Que les fins de journées d'automne sont pénétrantes! Ah! pénétrantes jusqu'à la douleur! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas
l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini.
Grand délice que celui de noyer son regard dans l'immensité du ciel et de la mer! Solitude, silence, incomparable chasteté de l'azur! une petite voile frissonnante à
l'horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur
de la rêverie, le moi se perd vite!); elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.
Toutefois, ces pensées, qu'elles sortent de moi ou s'élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L'énergie dans la volupté crée un malaise et une
souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.
Et maintenant la profondeur du ciel me consterne; sa limpidité m'exaspère. L'insensibilité de la mer, l'immuabilité du spectacle, me révoltent... Ah! faut-il
éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil! L'étude du beau est un
duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. "
Charles BAUDELAIRE (1821-1867), Le confiteor de l'artiste, in Le Spleen de Paris.
Côte d'Opale (France), Cap Blanc-Nez, le 14 octobre 2008.
Par Petit Louis
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Lundi 20 octobre 2008
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16:52
La photo n'est pas très réussie, qu'importe !
Elle me rappelle une rencontre de grande intensité dans les rapports humains, par-delà toutes les différences culturelles. Il s'appelle Redoine, je l'ai croisé un 13 septembre par le plus grand
des hasards (nécessité ?) à Casablanca, au Café du Port, juste en face de l'Auberge de Jeunesse. C'était le Ramadan, la nuit venait de tomber et je cherchais de quoi me sustenter. Le bistrot ne
servait pas de repas, les clients qui y mangeaient leur viatique l'y avaient apporté, acheté quelque part dans les ruelles de la vieille Médina.
Spontanément, Redoine m'offrit son bol de soupe, comme une offrande de bienvenue. Et nous fîmes amitié en un tour de main.
Au cours de la conversation, parlant des sentiments, il compara le coeur des hommes à une boîte noire dans laquelle tout était enregistré.
Cette formule m'a beaucoup plu.
Salam, Redoine, chukraan pour tout !
Par Petit Louis
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Dimanche 19 octobre 2008
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21:03
Au petit marché de Wimereux
Elles me faisaient de l'oeil
Les coquilles St-Jacques
Côte d'Opale (France), le 14 octobre 2008.
Par Petit Louis
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Samedi 18 octobre 2008
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10:24
Vue de la croisée du transept de la cathédrale gothique (XIIIè siècle) de Laon. La tour-lanterne, réminiscence romane, s'élève à 40 mètres du sol.
Quand je l'ai visitée, le 16 octobre 2008, je me suis souvenu du beau roman de Ken Follet, Les Piliers de la Terre, qui relate l'histoire des premiers
bâtisseurs du gothique.
Equerre, compas, corde à noeuds et fil à plomb étaient à l'époque les seuls instruments de mesure dont ils disposaient : on ne peut qu'être émerveillé par le talent de ces hommes.
Bon Week-End à tous !
Par Petit Louis
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Vendredi 17 octobre 2008
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10:56
Venant de France, la Meuse pénètre en Belgique dans une belle vallée parsemée de falaises qui font la joie des grimpeurs de toutes nationalités.
Au lieu-dit Freyr, situé près de la ville de Dinant, la plus haute paroi atteint 120 mètres de hauteur. C'est une école d'escalade réputée, gérée par le Club Alpin Belge.
La vue est agrémentée par un beau château renaissance (début du XVIIème siècle) avec jardins à la française (pour en savoir plus : http://www.freyr.be).
Une agréable destination touristique en Wallonie.
Par Petit Louis
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Publié dans : Paysages
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